Bonjour,

Voici ma chronique islandaise pour mars 2026. Beaucoup d’Europe et du curling à l’islandaise.
Je vous en souhaite bonne lecture,
Cordialement,
Michel

Michel Sallé
Bonjour,

Voici ma chronique islandaise pour mars 2026. Beaucoup d’Europe et du curling à l’islandaise.
Je vous en souhaite bonne lecture,
Cordialement,
Michel
Bonjour,
Voici ma chronique de février 2026.
Ma précédente chronique s’ouvrait sur Donald Trump et ses approximations, celle-ci se clôt avec Melania à qui Björn, époux de la présidente Halla, a résisté. Quel symbole !
Entre temps deux sœurs jumelles veulent candidater pour le titre de Miss Islande, et la nature livrée à elle-même a détruit à coups de pierre ce qu’elle a construit à Reynisfjara, l’un des sites les plus visités des touristes mais aussi le plus dangereux avec ses marées scélérates.
Et les partis politiques construisent fiévreusement leurs listes pour les élections locales.
Je vous souhaite un bon mois de mars,
Michel
Bonjour,
En ce mois de janvier l’actualité islandaise s’est partagée entre Davos et Malmö, avec dans les deux cas une satisfaction réelle mais pas totale :
Et sur l’île, il y a aussi les primaires préalables aux élections locales prévues le 16 mai, avec son lot de surprises et un souffle bienvenu de démocratie.
Je vous en souhaite bonne lecture.
Michel
Fin décembre la nouvelle tombe, qui n‘est pas vraiment une surprise : le parti du Centre est crédité de 22% des intentions de vote, deuxième derrière les socio-démocrates de la Première Ministre (30.9%). Et le parti du Centre, souvent qualifié de trumpiste, est en Islande le plus à droite !

L’île est-elle en train prendre la trace de ses cousins nordiques, et autres ? On va retrouver des facteurs communs, l’immigration notamment, qui dépasse 20%, et en contrepoint l’expression d’une forte crise identitaire qui en Islande se manifeste à l’occasion de relations contrariées avec l’UE. Mais il y a aussi des spécificités
Immigration
Outre son taux élevé l’immigration en Islande a deux caractéristiques importantes (voir ici) : elle est récente (8% en 2015) et sa composition a évolué : à une majorité de Polonais venus pour des raisons économiques et facilement acceptés car ils répondaient bien aux besoins du marché du travail, sont venus se joindre des réfugiés syriens, palestiniens et vénézuéliens. Surprises, les autorités ont eu, et ont encore, du mal à gérer cet afflux d’où des récriminations des intéressés, mal vécues par certains Islandais. Elles ont aussi sous-estimé les problèmes linguistiques, croyant que l’anglais suffirait à régler le problème. Celui-ci est particulièrement crucial dans les écoles où il n’est pas rare d’avoir des classes avec une large partie d’élèves ne parlant pas islandais. Le problème est maintenant connu mais les solutions tardent.
Les relations à l’UE
L’adhésion à l’UE est un marqueur du climat politique : plutôt « pour » en cas de tension internationale, plutôt « contre » lorsque les tensions s’apaisent. On se dit « européens » mais il ne faut pas que cette qualité questionne l’identité islandaise ou ses intérêts économiques. Il est donc positif que des membres du gouvernement participent à toutes les réunions à propos de l’Ukraine ou de Gaza. Mais la décision de l’UE de taxer les diatomées produites en Islande en rappelant que l’Espace Économique Européen n’est pas l’UE est vécue comme une gifle.
Un nouveau problème surgit avec le Groenland et les volontés américaines de l’annexer. Sigmundur Davíð Gunnlaufgsson, président du parti du Centre, trumpiste en d’autres temps, est clair : ce projet est inacceptable pour un Européen !
A ces deux sujets classiques qui alimentent la montée de l’extrême droite dans tous les Pays Nordiques et ailleurs, viennent s’ajouter des particularités de vie politico-sociale islandaise.
Une très forte personnalisation
Ces particularités dérivent principalement de la très forte personnalisation de la vie politique, appuyée sur la recherche permanente, consciente ou non, d’un leader charismatique. La conséquence est l’apparition dans les sondages de très fortes hausses – et chutes ! – plus ou moins éphémères. Un peu d’histoire :
Du Centre vers l’extrême droite ?
Ce qu’en disent ses statuts : « le Parti du Centre est un parti qui veut assurer la stabilité et préserver les valeurs fondamentales traditionnelles tout en étant une source d’imagination et de progrès, au profit de la société dans son ensemble ». Ou « Centre » signifierait s’installer au cœur de la vie politico-sociale de l’île. De fait, l’ancien président du parti du Progrès (ex. agrarien) en rétorsion à son expulsion, va d’abord essayer de prendre à son ancien parti son électorat le plus conservateur, celui de l’Islande traditionnelle. Son développement est favorisé par la présence du parti du Progrès dans un gouvernement de moins en moins populaire, mais entravé par le scandale de Klaustur[1], et des tactiques d’obstruction à l’Alþingi peu appréciées des électeurs. Sigmundur Davíð est progressivement entouré de femmes et hommes, souvent venus du parti de l’Indépendance ou du parti du Peuple, au discours peu nuancé et toujours plus à droite. Très vite ils appliquent le fameux adage : « quand un parti, ou un homme politique, n’a rien à dire, il parle de l’immigration ».

C’est le cas en particulier de Snorri Másson (29 ans), préféré à Ingibjörg Davíðsdóttir pour le poste de vice-président en octobre 2025 malgré (ou à cause de ?) des propos franchement xénophobes. Son parti passe le même mois de 9 à 12% d’intentions de vote. L’Islande aurait-elle trouvé son Bardella ?
D’où viennent ces voix ?
Il y a deux sources possibles :
Le parti du Progrès lutte pour sa survie et n’est plus pour le parti du Centre, son émanation, qu’une source très marginale. Pourra-t-il comme le parti Social-démocrate ressurgir de ses cendres à l’occasion d’un changement de président ? Sigurður Ingi Jóhannsson laissera sa place lors du prochain congrès, mais aucun des candidats annoncés à ce jour ne semble capable de rajeunir et relancer le parti le plus ancien de la politique islandaise. Il existe pourtant un espace, mal occupé puis déserté par la Gauche Verte, autour du concept d’habitabilité auquel Sigurður Ingi a semblé un temps s’intéresser. Il est pourtant clair que ce concept rencontrerait beaucoup d’intérêt sur une île dont les habitants disent volontiers qu’elle est leur seule ressource, et dont ils se sentent co-responsables.
Sauf erreurs ou excès du parti du Centre seule la première ministre Krístrún et son parti social-démocrate semblent en mesure de stopper la progression de ce qu’elle appelle les « réponses faciles » (voir chronique de septembre 2025). Malgré des difficultés, venues le plus souvent des ministres du parti du Peuple, son gouvernement résiste mieux que ses prédécesseurs à l’usure du temps. Poussée par Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir, ministre des Affaires étrangères (Redressement), et grâce à Donald Trump, elle pourrait être tentée de relancer plutôt que prévu les négociations d’entrée dans l’UE. Quitte ou double pour Simmi Dabbi et elle ?
[1] Où des propos très orduriers à l’égard des femmes tenus dans le café « Klaustur » par des dirigeants du parti sont enregistrés et largement diffusés
Bonjour,
Voici ma dernière chronique de 2025, tiède comme l’est l’actualité mondiale.
Ce qui rend plus nécessaires encore ces vœux de santé, prospérité et autres que j’adresse à tous.
Cordialement,
Michel